La teinte
Prise de teinte, éviter toute erreur humaine
UNE TECHNIQUE VIELLE DE 50 ANS Depuis près de 50 ans on utilise toujours la même technique de prise de teinte... Le praticien tient l’échantillon de teinte face aux dents du patient, parfois esquisse un schéma, et transmet ensuite ces éléments au prothésiste qui peut alors commencer à travailler. Cette pratique met en jeu un certain nombre d’aléas : éclairage lors de la prise de teinte chez le praticien différent de celui du labo, différence de teintier entre le dentiste et le laboratoire... Il va s’en dire que ce procédé ne peut éviter les erreurs et les patients devront sans doute reprendre rendez-vous. Il y a vraiment matière à s’améliorer dans ce domaine. A l’ère du numérique, il est aisé de prendre une teinte et de photographier les dents du patient pour envoyer au prothésiste. Mais cela implique une compétence du prothésiste et du praticien au niveau de la photographie et de la prise de teinte (en claire un matériel adapté). Cependant, les praticiens et prothésistes doivent encore se fier à leurs propre yeux pour la prise de teinte et l’interprétation peut être influencée par :
Ce qui aboutit parfois à « si ce n’est pas la teinte A, B, ou C ça doit être la D » pas très scientifique!!
Un gros laboratoire Anglais a même relaté un changement des teintes envoyées par des praticiens. Celles-ci de A à B en été, passaient à C et D en hiver. Les dents changent-elles de couleur en fonction des saisons ? Ils ont également remarqué que les praticiens avaient des préférences particulières pour certaines teintes. Les teintes des dents seraient-elles locales ?
En d’autre termes: le facteur d’évaluation humain est peu fiable ou juste une question de chance. L’idéal serait d’éliminer ce facteur de l’équation. La couleur :
Alors même que les médias ne cessent d’indiquer que les praticiens et les prothésistes sont en mesure de réaliser des restaurations parfaites. Pour nous, professionnels, la couleur reste actuellement un problème de poids. Du coup les exigences des patients sont devenues élevées et ils ont, à raison, des besoins croissants en matière d’esthétique quant à leur restauration. Les patients ont tendance à se concentrer principalement sur la couleur, bien que l’aspect de la forme, de la surface et la ressemblance soient aussi important. Pour les praticiens et encore plus pour les prothésistes demeure un élément essentiel.
Qu’est ce qu’une couleur?
Selon le dictionnaire : « c’est l’impression que fait sur l’oeil la lumière diffusée par les corps » Pour la conception, trois critères entrent en ligne de compte : l’objet / la source de lumière / l’observateur
1) l’objet : Le premier paramètre est l’objet, ici le patient. Lorsque la lumière rencontre une dent, elle peut être réfléchie, être absorbée, ou bien traverser la dent.
En fait, l’effet de la lumière sur une dent détermine sa couleur par la combinaison de la diffusion partielle, de la réflexion partielle, de l’absorption et de la transmission. 2) la source de lumière : La lumière ambiante du cabinet et du laboratoire est le second paramètre. Le type de lumière éclairant la dent détermine aussi sa couleur.
3) l’observateur : Le troisième élément requis à la détermination de la couleur est l’observateur, qui dans notre cas est le praticien ou le prothésiste. N’est-il pas trop demandé au praticien et au prothésiste que d’avoir une excellente vue ? Les yeux ne sont pas toujours aussi bons qu’ils ont pu l’être dans le passé. La rétine détecte la lumière à l’aide de cellules dites bâtonnet et cônes et une fine couche de fibres nerveuses photo sensibles transmet les images au cerveau. Le cerveau se sert des bâtonnets lorsque la lumière est faible, ces derniers produisent une image en noir & blanc, perçue en couleur. Dans des situations impliquant des lumières moyennes ou fortes, les cônes entrent alors en jeu et le cerveau une fois encore améliore l’image. Au final, lors de la détermination de la couleur, il vaut mieux se demander si l’on peu réellement faire confiance à 100% aux yeux humains.
Par ailleurs, reste à prendre en compte le facteur qui fait qu’une couleur ne demeure pas stable mais commence à se décaler lorsqu’on la regarde plus de dix second. |